Milieux naturels

La particularité du site Natura 2000 Petite Montagne du Jura est sa diversité de milieux naturels, appelés aussi « habitats naturels ». Les habitats rares ou menacés à l’échelle européenne sont inscrits dans l’annexe 1 de la Directive Habitat Faune Flore. Ils sont classés en 2 catégories suivant leur importance au niveau européen  :

● les habitats d’intérêt communautaire prioritaire, pour lesquels les objectifs de préservation inscrits dans le DOCOB. On trouve parmi ces milieux, les pelouses sèches sur dalles, les végétations d’éboulis et quelques végétations de zones humides (marais à marisque, tourbière haute, source pétrifiante avec formation de tufs)  ;
● les habitats d’intérêt communautaire, qui représentent environ 28% de la surface des milieux ouverts. Les connaissances sur ces milieux ne sont pas complètes car les milieux forestiers n’ont pas été encore cartographiés  ;

Certains habitats naturels ne sont pas d’intérêt communautaire mais présentent un intérêt patrimonial ou abritent des espèces patrimoniales.

Milieux agropastoraux

Les pelouses sèches, les prairies naturelles de fauche et les zones humides d’intérêts communautaire sont très souvent des milieux agropastoraux. Leur préservation dépend donc d’abord du maintien de pratiques agricoles favorables.

Les pelouses sèches

Les pelouses sèches calcicoles sont des milieux semi-naturels maintenus par le pâturage et quelquefois par la fauche. Elles sont constituées de nombreuses espèces de plantes herbacées typiques de sol calcaire peu épais et bien drainé. Ces pelouses subissent un éclairement intense et une période de sécheresse.

En Franche-Comté, la plupart des pelouses évoluent naturellement vers des milieux forestiers en cas d’abandon des pratiques agricoles.
Le site Natura 2000 présente un intérêt particulier pour la préservation de ce type de milieu  :
représentativité importante  : 3750 ha de pelouses sèches, soit près de 10% du territoire  ;
refuge  : abritent des espèces, notamment des oiseaux, d’intérêt communautaire mais également d’intérêt patrimonial (national ou régional).
menaces  : par la déprise agricole mais aussi par l’intensification. Plus rarement par l’urbanisation.

Les zones humides

Les zones humides d’intérêt communautaire présentent également des enjeux de conservation forts, notamment pour la ressource en eau. Ce sont en effet des milieux capables de retenir des quantités importantes d’eau, jouant un rôle tampon  : lors d’une crue, l’eau alimentera la zone humide, diminuant le débit du cours d’eau. En période de sécheresse, l’eau stockée dans la zone humide sera redistribuée.

Ces milieux abritent également un certain nombre d’espèces particulièrement menacées (plantes, insectes, amphibiens…).

La préservation de ces milieux est menacée du fait de divers facteurs.
surfaces souvent faibles et morcelées  ;
dynamique du milieu conduisant à la fermeture par les ligneux
actions humaines  : drainage, remblais…

La plupart de ces zones humides sont fauchées ou pâturées, et se maintiennent malgré les modifications topographiques ou hydrologiques. Sur d’autres, la gestion agricole a été abandonnée depuis plusieurs années et s’enfrichent, mais elles gardent des caractéristiques écologiques intéressantes.

Les prairies naturelles de fauche

Les prairies permanentes fauchées sont très riches en fleurs, et sont des habitats pour un grand nombre d’espèces d’insectes et de mammifères. Ces surfaces en herbe concourent aussi à la préservation de la qualité des eaux superficielles et souterraines.

Parmi ces milieux, les prairies d’intérêt communautaire sont caractérisées par une flore très diversifiée, des conditions hydriques moyennes et une gestion agricole avec peu d’intrants organiques et minéraux. Ces prairies représentent environ 6% du territoire (2230 ha). Des apports organiques ou minéraux importants peuvent altérer ce type de milieu.

Les milieux forestiers et rocheux

Les milieux forestiers

Les forêts de feuillus ou mixtes (feuillus et conifères) de Petite Montagne abritent des espèces d’oiseaux comme le Pic noir, des chauve-souris et un grand nombre d’espèces d’insectes (notamment des coléoptères). La topographie accidentée diversifie le peuplement  : forêts de pente, chênaies et hêtraies aux expositions variées… Certaines forêts présentent un intérêt prioritaire de conservation. C’est le cas des forêts humides, qui abritent des espèces typiques de plantes et des amphibiens, comme le Sonneur à ventre jaune. Elles sont rares et très localisées en Petite Montagne.

Ces milieux sont directement liés à la gestion forestière (plantations, éclaircies, débardage…). Ils représentent une part importante du territoire en surface. Quelques secteurs forestiers seront cartographiés en 2013.

Les milieux rocheux et les éboulis

Rares et localisés en Petite Montagne, ces milieux sont très souvent associés aux forêts. Ils abritent des espèces nicheuses des parois comme le Faucon pèlerin ou le Grand-duc d’Europe, et des espèces floristiques typiques (Oseille en écusson, Orpins, Fougères…). Les grottes et petites cavités sont des gîtes d’hibernation pour les chauve-souris et sont souvent utilisées lors de la reproduction du Lynx et du Chat forestier.

repartition natura

Répartition des milieux naturels

Pelouse charchilla

Pelouse sèche de Charchilla

Tourbière de Chisséria

Tourbière de Chisséria

prairie de fauche

Prairie de fauche

Roche et forêt au Cirque de Vogna

Roche et forêt au Cirque de Vogna